C’est une prison ici Madame
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Lors de la grande manifestation pour la régularisation ce 12/11/2017 des
détenus d’un centre fermé voulaient y participer par téléphone en
direct. Malheureusement cela n’a pas été possible pour des raisons
techniques
Ici leur témoignage audio Parole de détenus
“On est là ici en centre fermé, on nous enferme : deux mois, on signe,
deux mois, on signe. Ils nous privent de liberté et ils nous disent
“vous n’êtes pas en prison”. Mais on est en prison ! On est enfermés, on
a une heure de préau le matin, une heure l’après-midi. Si l’un de nous
fait un petit truc, ils nous font des rapports disciplinaires. C’est la
prison, c’est la même chose !
On a des familles dehors. Moi, personnellement, j’ai deux enfants et une
femme qui m’attendent. Ce que je ne comprends pas, c’est que le
gouvernement belge veut me séparer de mes enfants. Ils veulent que moi
j’aille dans mon pays, et mes enfants, de toute façon, ils sont en
situation légale ici ainsi que ma femme. Ils m’ont donné une
interdiction de territoire de 10 ans. Ca veut dire que quand j’aurai
presque 58 ans je pourrai revenir, dans 10 ans.
C’est pas logique, c’est pas normal, hein, madame.
Et il y a plein de cas. Ca fait une semaine ils ont ramené un petit
jeune, un petit Syrien, qui a 14 ans, il a même pas un poil au visage,
un petit garçon. On a dû parler à l’assistante sociale, on a parlé à
tout le monde ici pour qu’ils interviennent. Il a passé deux nuits ici.
Et vous trouvez que c’est logique qu’ils ramènent un mineur en centre
fermé, avec des majeurs, parce qu’ils avaient des doutes sur son âge ?
Mais quand vous voyez son visage, ça se voit qu’il a 14 ans, et il n’y a
même pas de questions à se poser. Quand ils ont des doutes, normalement
ils ont des doutes et ils le mettent avec les mineurs, dans un centre de
mineurs, et après ils font un test comme ce qu’ils allaient faire pour
prouver qu’il était mineur. Mais quand on leur a mis un petit peu la
pression, on a parlé au chef ici, à l’assistance sociale, on a sonné aux
organisations, et ça a été, deux jours après.
On est là, enfermés, privés de notre liberté. Y’a pas mieux que la
liberté, madame. Mais on souffre, je vous jure, on souffre. Déjà on
souffre de la séparation de nos enfants. On souffre de tout, de tout
madame. Heureusement on a la foi, parce que sinon, on va aller se
suicider, c’est mieux. Le problème c’est qu’on a peur du monde obscur
parce qu’on ne sait pas ce qu’il y a après. Et on a la foi, c’est
pourquoi on ne fait pas ça, on ne peut pas faire ça. On a des gens
derrière nous, on a la famille qui nous attend, des enfants, des femmes.
Ce qu’ils nous font, c’est vraiment grave. C’est vraiment grave. Et les
politiques, c’est vrai… avec les politiciens, on n’arrive à rien. Ils
ont le pouvoir, hein !
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