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woensdag 26 september 2012

Nouvelles des centres fermés/ Nieuws van de gesloten centra‏


Nouvelles des centres fermés en Belgique : 23/09/2012
 - Read this post in Nederlands
“La machine à expulser fonctionne bien chez vous” nous dit un détenu!… »
“Tout ce qu’on peut faire est combattre pour garder surface”
“Après quelques jours on choisit la résignation”
“Pour certains on dirait que l’office et leurs avocats les oublient”


Beaucoup de résignation actuellement au centre fermé avec lequel nous avons des contacts: L’enfermement parfois plusieurs mois,la violence des expulsions , la fermeté des discours politiques , la stratégie de l’Office, les chantages au retour volontaire, les menaces, font que beaucoup ne résistent plus et acceptent leur expulsion. Dans le centre fermé tout est fait pour que chacun accepte cette évidence de “y a plus rien à faire”, le personnel utilisant des stratégies « humanitaires »!. Les avocats se disent muselés par des lois de non retour possible et se sentent impuissants.

Arrestations:

Celui qui n’est pas désiré dans notre royaume reçoit un ordre de quitter le territoire, spécifiant qu’il a trente jours pour quitter le pays. En pratique d’après divers témoignages  la police communale débarque un matin à leur domicile et ils n’apprennent qu’au commissariat ou au centre fermé que leur demande est négative et que leur Ordre de quitter a expiré.

D’autres encore se rendant à la commune pour déclarer un mariage, se font arrêter instantanément avec comme prétexte “ une enquête sur ce mariage”

Ces arrestations se font avec la collaboration du Sefor (https://dofi.ibz.be/sites/dvzoe/FR/Actualites/Pages/SEFOR.aspx ) , de l’Office des Etrangers et des autoriés communales, et elles nous rappellent les fichages et arrestations des Juifs avant et durant la deuxiéme guerre mondiale, là aussi avec la collaboration des services communaux.

Beaucoup d’ Africains se font arrêter alors qu’ils sont en transit à l’aéroport de Bruxelles et que souvent ils ont une carte de résidence dans un des pays reconnu “Schengen” : Royaume Uni, Espagne, Pays-Bas….Ils sont maintenus dans les centres fermés pendant plusieurs semaines!
Un prisonnier enfermé actuellement a une carte de résidence en Espagne valable de 2001 à  2014: “toute ma vie est en Espagne”
Le mot à faire passer : ne pas passer par l’aéroport de Bruxelles !!!!

Les arrestations et expulsions de jeunes Afghans continuent, avec des grosses questions sur les laissez-passer délivrés dans certains cas par l’Office des étrangers lui même !.

Expulsions forcées:

Lors de la première tentative d’expulsion, le détenu peut refuser, et aucune pression n’est utilisée. On a dû constater à au moins quatre reprises que dès la première tentative d’expulsion, une expulsion forcée avec escorte est mise en place.

Les expulsions forcées sont pratiquées systématiquement dès la deuxième expulsion et deviennent très fréquentes: rien que ce vendredi 21 septembre, 3 détenus parmi les quelques contacts que nous avons, vont subir  ces escortes.

De nouvelles stratégies plus qu’illégales on été utilisées lors de l’expulsion d’un Congolais vers le Bénin’: http://www.gettingthevoiceout.org/a-quand-les-wagons-a-bestiaux/

Nous avons reçu un témoignage affirmant que le 13 septembre un détenu serait mort lors d’une tentative d’expulsion. Cette info reste incontrôlable, mais c’est la deuxième fois que nous recevons ce genre d’infos de tentative d’expulsion dramatique, et nous pensons que ces rumeurs ne sont pas un hasard.

Fouad, un militant du Sp Belgique , arrêté il y a un mois, a accepté son expulsion vers le Maroc. http://www.gettingthevoiceout.org/la-lutte-continue/

Un Népalais doit être expulsé ce 25 septembre: Son médecin a fait un certificat d’incapacité de voyager vu son état de santé très préoccupant: La direction du centre nie avoir reçu ce certificat.

Beaucoup crient au non respect des Droits de l’Homme en Belgique et dénoncent l’absence de réaction des ONG!

Centre fermé de Merksplas:

“Nous sommes trente dans notre aile: Algériens, Marocains, Kurdes, Tucs, Népalais, Congolais , Nigériens, Guinéens:  l’internationalisme quoi!”

Détention d’un apatride depuis un mois.

L’aile 4 semble plutôt rassembler les prisonniers qui on droit à la double peine: ils ont été condamnés pour des faits répréhensibles et après avoir purgé leur peine sont envoyés dans une nouvelle prison en vue de leur expulsion. Certains résident chez nous depuis parfois 15 ans et sont arrivés lorsqu’ils étaient mineurs!

Plusieurs nous disent qu’ils sont expulsés vers des pays qui ne sont pas les leurs et se demandent d’où viennent les laissez- passer.

Les gardiens auraient pris 600 euros à un prisonnier ( qu’il avait reçus de sa famille) avant sa mise au cachot.

Un prisonnier nous explique que 4 personnes ont été mises en isolement et questionnées suite à la découverte d’une clé ouvrant les portes du centre à Merksplas. Un agent aurait vendu une clé et l’aurait déposée à un endroit (espace commun) où devait la retrouver le payeur, mais les agents sont tombés dessus avant qu’il ne la récupère. Les 5 personnes sont suspectées d’avoir tenté d’acheter la clé. Quatre ont été transférées vers les centres fermés de Bruges et le 127bis. Un autre qui avait payé son titre de transport de retour avec l’aide de sa famille a été amené à Zaventem pour son vol, puis on l’a empêché de prendre ce vol et on l’a ramené au centre: il était suspecté d’avoir participé à ce trafic de clé.

127bis

L.O. Enceinte de jumeaux a été libérée du centre fermé 127bis après quatre tentatives d’expulsion et de vraies tortures pour tenter de l’expulser.
http://www.gettingthevoiceout.org/31-juillet-quatrieme-tentative-dexpulsion-de-mme-l-o-enceinte-de-bientot-6-mois/
Petit message anonyme sur Indymedia : “Lundi, 19h30: une amie vient d’appeler une dame qui se trouve enfermée au 127 bis qui lui dit que vers 18 heures une quinzaine de gardiens sont venus chercher L.O. pour l’emmener en isolement, elle s’est débattue et a crié et les autres femmes aussi ont violemment protesté. Selon cette femme, on entend encore crier L.O. de sa cellule d’isolement.” http://bxl.indymedia.org/articles/5033

L.O. est libre mais elle vit dans la peur et n’ose pas sortir seule. Cela s’appelle un syndrome post-traumatique. C’est très grave et très difficile à vivre pour elle et pour son entourage.  Elle est transie de peur, elle croit qu’on va venir l’arrêter à tout moment. Elle est actuellement dans un centre ouvert près de la frontière luxembourgeoise et va accoucher dans quelques semaines. Un mois après l’accouchement elle et ses enfants seront à nouveau “expulsables.

Evasion au centre fermé 127 près de l’aéroport, ( remplacé actuellement par le super sécurisé « Le Caricole ») :

On en sait un peu plus sur cet événement en avril 2012:
5 détenus ont subtilisé un trousseau de clés d’une gardienne: ils ont ouvert toutes les portes qu’ils pouvaient.
Ils  ont ensuite tenté de s’échapper en sautant par dessus les grillages : deux ont  réussi, trois autres ont été blessés. Ils ont été mis au cachot sans soins.
Suite à ces évènements, les détenus ont subi une fouille corporelle « approfondie ».

Nederlands

Nieuws van de gesloten centrum in Belgie september 2012


“De deportatie machine werkt goed in uw land”, zegt een gevangene! … ‘
“Het enige wat we kunnen doen is vechten om de hoofd boven water te houden”
“Na een paar dagen in het gesloten centrum kiezen we voor  résigniatie”
“Voor sommigen lijkt het erop dat de advocaten en vreemdelingendienst    hen vergeten”

Veel ontslagen aktueel in de gesloten centra waarmee we kontakt hebben. De opsluitingen soms van verschillende maanden, het geweld van de uitzettingen,de vastberadenheid van de politiekers, de strategies van vreemdelingendienst, de chantages voor vrijwillige terugkeer, maakt dat velen niet geen weerstand meer bieden en zich laten uitzetten. In de gesloten centra wordt alles gedaan opdat iedereen aaneemt dat “er niets meer te doen is”, het personeel gebruikt zeer “humantaire” middelen. De advocaten voelen zich belemmerd door  een hele reeks nieuwe wetten en voelen zich machteloos.

ARRESTATIES :

Diegenen die in onze koninkrijk niet gewenst is krijgt een bevel het land te verlaten.binnen de 30 dagen. In praktijk, volgens verschillende getuignissen, komt de politie van hun gemeente hen s’morgens oppikken en vernemen ze pas in de politiecommissariaat of in het gesloten centrum dat hun bevel het land te verlaten.

Anderen gaan naar de gemeente om een huwelijk te verklaren en worden daar onmiddellijk gearresteerd met als voorwendsel  “een onderzoek naar het huwelijk”.

Deze arrestaties verlopen in samenwerking met de Sefor (https://dofi.ibz.be/sites/dvzoe/FR/Actualites/Pages/SEFOR.aspx) , de Dienst Vreemdelingenzaken en de gemeenten, en herinnert ons de fichages en arrestaties  voor en tijdens de Tweede Wereldoorlog, weer in samenwerking met de gemeenten.

Veel Afrikanen worden gearresteerd terwijl ze in transit zijn  op de luchthaven in Brussel en ze in het bezit zijn van een legaal en vast verblijf in een van de Schengenlanden ( GB, ESP, Nederland ….) Zij worden vastgehouden in de gesloten centrum verschillende weken of maanden.
Een gevangene is momenteel opgesloten en heeft  een verblijfskaart geldig 2001-2014 in Spanje: “Mijn hele leven is in Spanje”

WOORD door te geven: reist niet via de luchthaven van Zaventem!

Arrestaties en deportaties van jonge Afghanen gaat voorts met zware vragen over de laissez passez, soms opgesteld door Vreemdelingendienst!.

GEDWONGEN UITZETTINGEN :

Bij de eerste poging tot uitzetting mag de persoon normaal weigeren gedeporteerd te worden, en wordt hij terug naar het centrum gebracht. We moesten op zijn minst vier keer horen dat reeds bij de eeste uitzettingspoging de man of vrouw met escorte werd uitgezet zonder te verwittigen.

Gedwongen uitzettingen worden systematisch uitgevoerd vanaf de  tweede uitzettingspoging en worden heel frequent: alleen deze vrijdag 21 september hebben drie gevangenen van de enkelen waarmee we contact hebben met escorte uitgezet!

Nieuwe strategieën van Vreemdelingendienst zijn gebruikt bij illegale deportaties: http://www.gettingthevoiceout.org/a-quand-les-wagons-a-bestiaux/

We kregen een getuigenis waarin staat dat op 13 september  een gevangene zou gestorven zijn  tijdens een poging tot deportatie . Deze info is oncroleerbaar, maar dit is de tweede keer dat we dit soort informatie over een dramatische verloop van een uitzetting horen. En we denken dat zulke geruchten geen toeval zijn.

Fouad, een activist van Spbelgique werd een maand geleden gearresteerd en accepteerde zijn tweede uitzetting naar Marokko. http://www.gettingthevoiceout.org/la-lutte-continue/

Een Nepalese moet worden uitgezet dit 25 september: Zijn arts heeft een certificaat van ongeschiktheid voor reizen gestuurd, gezien een zeer zorgwekkende gezondheidstoestand: de direktie ontkent dit te hebben gekregen.

Velen roepen om mensenrechten en klagen over de stilte van de NGO’s in Belgie!

Gesloten centrum Merksplas:

“We zijn dertig in onze vleugel: Algerije, Marokko, Koerdisch, Turkije, Nepal, Congolese, Nigerianen, Guinee: Internationalisme!”

Aanhouding van een staatloze man die in het gesloten centrum sind een maand zit.

In de vleugel 4 lijken de gevangenen verzameld te worden die hebben recht op dubbele straf : ze zijn veroordeeld voor wangedrag en werden onmiddellijke van hun gevangenis naar een nieuwe gevangenis ( gesloten centrum) gebracht om verder gedeporteerd te worden. Sommigen wonen bij ons sinds tientallen jaren en zijn in ons land geland als ze minderjarigen waren!

Velen zeggen dat ze worden gedeporteerd naar  landen waarvan die niets met hun herkomst te maken hebben. Zij stellen zich vragen over vanwaar vreemdelingendienst hun laissez passez halen

De bewakers hebben 600 euro (die hij van zijn familie gekregen had) van een gevangene genomen, alvorens hem in een isoleercel te plaatsen.

Een gevangene vertelt ons dat vier mensen zijn geïsoleerd en ondervraagd na de ontdekking van een sleutel : “Een agent zou die sleutel  verkocht heben aan een gevangene. De agent had de sleutel verborgen op een plaats (gemeenschappelijke ruimte), in afwachting van het verkoop van die sleutel. Andere agenten hebben het feit ontdekt”
5 gevangenen werden verdacht deel te nemen aan die handel. Vier werden overgebracht naar detentiecentra  van Brugge en de 127bis. Een ander, die  zijn ticket voor terug te vliegen naar zijn land zelf betaald had, werd belemmerd zijn vlucht te nemen en teruggebracht naar het centrum omdat hij ook verdacht was.

127bis

LO, zwanger van  tweelingen werd vrijgelaten uit de  127bis na vier uitzettingspogingen onder dwang en met enorm geweld.

Kleine anoniem bericht op Indymedia:  “Lundi, 19h30: une amie vient d’appeler une dame qui se trouve enfermée au 127 bis qui lui dit que vers 18 heures une quinzaine de gardiens sont venus chercher L.O. pour l’emmener en isolement, elle s’est débattue et a crié et les autres femmes aussi ont violemment protesté. Selon cette femme, on entend encore crier L.O. de sa cellule d’isolement.” http://bxl.indymedia.org/articles/5033

LO is vrij, maar blijft heel angstig, durft niet alleen naar buiten. Dit wordt posttraumatisch syndroom genoemd. Dit is zeer ernstig en zeer pijnlijk voor haar en haar entourage. Ze is verlamd van angst, ze gelooft konstant dat ze gearresteerd zal worden . Ze is momenteel in een open centrum in de buurt van de grens met Luxemburg en zal bevallen binnen een paar weken. Een maand na de geboorte zullen zij en haar kinderen terug uitzetbaar worden

Centrum 127 vlak bij de luchthaven (nu vervangen door de super beveiligde ” Caricole”):

We weten iets meer over dit evenement in april 2012:
5 gevangenen stalen een sleutelbos van een vrouwelijke cipier: ze opende alle deuren dat ze konden.
Ze probeerden verder  te ontsnappen door te springen over hekken, twee geraakten weg, drie anderen raakten gewond.
Naar aanleiding van deze gebeurtenissen, werden de andere gevangen geisoleerd en moesten ze  volledige fouilleringen ondergaan.

Bron :

Getting the Voice Out

dinsdag 17 juli 2012

Troisième tentative d'expulsion de A.F. vers le Qatar, puis la Somalie‏


PS : Si vous ne souhaitez plus recevoir les alertes pour expulsions, répondez à ce message. Et n'hésitez pas à le transmettre à des personnes de la communauté Somalienne. Merci



http://www.gettingthevoiceout.org/troisieme-tentative-dexpulsion-de-a-f-vers-le-qatar-puis-la-somalie/

Ce mercredi 18 juillet, à 16h, mr Abdirahman Shuib Artan Fardows va être expulsé vers la Somalie, son pays d'origine, en passant par le Qatar.

Qatar Airways est la compagnie qui prendra cette fois en charge la vie de cet homme. Il est emprisonné depuis le 27 avril au centre fermé de Merksplas. Il s'était fait arrêter à son arrivé à l'aéroport de Bruxelles.

Il y a demandé l'asile, mais celle-ci lui a été refusée sous prétexte qu'on ne croirait pas qu'il est Somalien. Pourtant, tous ses papiers l'attestent. Cela arrive souvent avec les somaliens, sous prétexte que le gouvernement étant corrompu, il est facile de se procurer de faux papiers. L’office des étrangers préfère renvoyer des personnes qui risquent leurs vies dans un pays en guerre permanente, plutôt que de croire les personnes ayant les bons documents.

Il risque sa vie en rentrant dans ce pays, car il sera poursuivi et probablement tué pour des questions religieuses.

Si vous le pouvez, allez à 14h au comptoir d'enregistrement du vol QR942 vers Doha, pour parler aux passagers de l'avion, afin d'empêcher cette expulsion.

Pour soutenir A.F., envoyez un message de protestation ou appelez pour transmettre un message aux pilotes :

025118530 / reservationbru@be.qatarairways.com

Merci pour lui...

 Bron : Getting the Voice Out

vrijdag 13 juli 2012

Ils veulent m’envoyer en Afghanistan


Bonjour,

Je suis au centre fermé de Merksplas depuis deux mois et 5 jours, mais ça fait quatre ans que je suis en Belgique. Là, les procédures sont finies et ils vont me renvoyer en Afghanistan.

Mais ce n’est pas possible, ils ne peuvent pas me renvoyer ! Il y a beaucoup de problèmes en Afghanistan. Dans la capitale, Kaboul, il y a beaucoup de problèmes, tous les jours il y a des bombes qui explosent, des gens qui tirent, la mafia, les talibans…

Ils m’ont dit qu’ils allaient m’envoyer en Afghanistan, ce n’est pas normal.
Mon pays n’est pas comme les autres pays, je viens de trop loin ! J’ai voyagé par  l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie, la France et puis la Belgique.

Là-bas en Afghanistan personne n’est content, qui aime la guerre tous les jours ? Les gens n’ont pas d’argent, ils n’ont rien dans notre pays. Moi je suis venu ici avec d’autres Afghans, on ne voulait pas de la guerre, des talibans et des combats tous les jours.

Ils me disent “que tu veuilles voler ou non, tu vas retourner, tant pis”.

Il y a beaucoup de problèmes à la capitale, 100 personnes sont mortes et 200 blessées en moins de deux mois. Je leur dis que  je veux la vie et ils m’ont dit que je vais partir dans la guerre, que ce n’est pas leur problème, que je vais aller là-bas. Qu’est-ce qu’on fait? Personne ne m’écoute.

J’étais à l’ambassade d’Afghanistan et ils m’ont dit que je n’aurai pas de laissez passer pour les Afghans parce qu’il y a trop de problèmes là-bas, ils ont dit qu’ils allaient me faire un passeport, comme ça je pourrai partir.

Moi je ne veux pas retourner! On me dit qu’à Kaboul il n’y a pas de problèmes, mais qu’est-ce que je vais faire là-bas?

Il y a des Américains, des talibans, tous les soldats, tous les jours les talibans vous attaquent, tous les jours c’est cinq ou dix personnes qui meurent.

Plus de 200 ou 300 Afghans sont morts. Les talibans veulent qu’on sorte de l’Afghanistan.

Personne n’écoute.

A Bruxelles,  on était 40 personnes en situation illégale comme moi.
On fait la grève de la faim. Le premier jour que la police est venue, 30 personnes ont été libérees et moi avec d’autres amis on a été amenés en centre fermé, le 12 mai. Le centre fermé c’est trop difficile.

J’ai passé quatre ans en Belgique, j’ai été à l’école, je n’ai eu aucun problème. Je respecte tout le monde, je n’ai jamais créé de problèmes.

Je dois marcher 5 à 10 km, je ne prends jamais le bus parce qu’il y a des contrôles.

Je n’ai pas argent, je n’ai pas volé, je n’ai tué personne, je n’ai jamais créé de problème et pourquoi je dois partir?

Ca fait quelques années que je suis ici. Si mon pays était ok, si c’était calme, je n’allais pas rester, je serai la première personne à vouloir partir.

Le règlement est trop difficile à Merksplas. A 21h on doit aller dans sa chambre, les portes sont fermées, on n’a pas de gsm, pas de télé, rien. Énormément de gens sont stressés ici, on  angoisse. Trente ou quarante personnes ont fait la grève de la faim mais c’est très difficile ici à cause du règlement. Certaines personnes ne veulent pas manger, elles veulent mourir, elles ne veulent pas rester ici. Il y en a, s’ils trouvent un couteau ils veulent se tuer. Moi aussi si je trouvais quelque chose…, je ne veux pas la vie comme ça, mais on ne trouve rien, tout est fermé tout le temps… Il y a tout le temps des contrôles. Moi je reste sans nouvelles, mais je crois qu’ils vont me déporter.

D’autres Afghans dans notre bloc, qui viennent aussi de Kaboul, devront partir. Ils disent qu’il n’y pas de problèmes à la capitale.

C’est une décision négative. Moi, ça fait deux ans que je suis régulièrement hospitalisé, je prends des médicaments tout le temps.
25/05/12 Témoignage d’un homme Afghan qui s’est fait arrêter alors qu’il entamait une grève de la faim avec 30 autres personnes pour protester contre la situation des personnes sans papiers en Belgique.


Quand je serai déporté là-bas en Afghanistan, je ne pourrai pas être hospitalisé, je n’aurai rien. Ils disent que là-bas il y a plein de choses pour moi, mais moi je sais qu’il n’y a rien dans mon pays. Mon père est mort depuis deux mois, mon frère, ça fait neuf ou dix mois qu’ils l’on tué, dans la capitale.



Vous savez, ils ont seulement regardé sur l’ordinateur, et ils disent là-bas c’est bon, là-bas c’est pas bon, etc.

Si on me donne la garantie que je peux retourner sans problèmes, je signe et je rentre! Qu’on me donne une garantie ou qu’une personne parte avec moi, vive une semaine seulement avec moi, et je dis OK je reste ici . Mais personne ne nous écoute.

Je dois aller là-bas et après ils vont dire que je suis venu pour faire un rapport aux Américains, et je me faire tuer, ils ne vont pas attendre une seconde quand ils vont voir que je viens d’un pays européen, ils vont penser que je  viens pour,  pour faire un rapport.
Beaucoup de personnes sont déjà mortes comme ça. C’est ma situation, j’ai tout expliqué, je ne sais pas encore si ça va changer quelque chose ou pas.

Je ne viens pas d’un pays d’où on vient  pour 200 ou 300 eur pour rentrer ici, avec avion ou visa. Non, moi j’ai payé 12.0000 euros pour entrer en Belgique, pourquoi? parce que je voulais mener une vie calme.

Ce n’était pas facile, ça m’a pris deux mois d’Afghanistan jusqu’ici, à pied, en bateau, en camion, j’ai vu beaucoup de choses. J’ai failli mourir. Je suis resté 24 heures dans un camion, sans oxygène.  Ce n’est pas normal que j’aie dû payer 12.000 euros, ce n’est pas normal de payer ça pour ma vie.

Merci, bonne soirée, merci beaucoup, au revoir

Bron : Getting the Voice Out

zondag 8 juli 2012

De vrienden van P.S . (Afghaan van 20 jaar), met hem opgesloten in het gesloten centrum van Merksplas vragen ons tussen te komen om de uitzetting van P naar Kaboul te beletten op maandag 9 juli


We hebben geen contacten met P. Hij werd zaterdag avond geisoleerd in Merksplas om hem voor te bereiden voor zijn uitzetting.

Zoals vele anderen werd hij als niet gewenst geschat door onze regering.

De Dienst Vreemdelingenzaken heeft de laatste maanden blijk gegeven van een onbekwaamheid (al dan niet gewild) om de risico’s in het herkomstland in te schatten.  Eenzelfde verhaal voor de collectieve vluchten naar Congo en Guinee, maar ook voor Afghanistan: enkele gedeporteerden werden opgesloten/verdwenen bij hun aankomst in hun herkomstland.
We kennen de situatie in Afghanistan.  Miljoenen vluchtelingen zijn het land ontvlucht naar Iran of Pakistan.  De Meerderheid van de Europese landen hebben uitwijzingen naar landen in oorlog opgeschort, daarmee de conclusies van het UNHCR volgend 1

In vier gevallen werd door Groot Britannië een collectieve vlucht naar Afghanistan geannuleerd omwille van de veiligheid van de begeleiders 2!

P zal onder escorte op de vlucht KLM 1720 Brussel Amsterdam om 6 u 25 de 9 juli 2012,

en dan van Amsterdam naar Barheim KLM 451.32.20, en tenslotte Barhaim- Kaboul.

Afspraak aan Checkpoint in Zaventem om 4u25 maandag morgen om aan de passagiers uit te leggen dat ze mogen weigeren dat P tegen zijn wil op hun vlucht wordt gezet door dit uit te leggen aan de commandant van vliegtuig.

Als je niet kunt gaan :

bel,fax, mail naar KLM

KLM belgie:

tel 070222466, 070225335

FAX 070222480

Mail op site van KLM:

.http://www.klm.com/travel/be_fr/customer_support/customer_support/contact/contact_popup.htm

 KLM Netherlands             0031(0)205459780      , 0031(0)4747747

Bron : Getting the Voice Out

Les amis de P. S. (Afghans de 20 ans ), enfermés avec lui au centre fermé de Merksplas nous demandent d’intervenir pour empêcher l’ expulsion de P vers Kaboul ce lundi 9 juillet.


Nous n’avons pas eu de contacts avec P . Il est actuellement et depuis samedi soir 7 juillet au cachot à Merksplas, sans téléphone, en attendant son vol vers Amsterdam, puis Bahrim, puis Kaboul..

Comme pleins d’autres il a été désigné comme non désirable dans notre pays par les autorités

Selon Médecins du Monde et le Ciré, l’expulsion d’Afghans serait la grande tendance de l’été 2012.

L’Office des Etrangers a, ces derniers mois fait preuve d’une incapacité volontaire ou involontaire lors de l’évaluation des risques concernant les renvois vers les pays d’origines. Ainsi, pour les vols collectifs vers le Congo et la Guinée, mais aussi l’Afghanistan, certains déportés ont été emprisonnés, voir ont disparus à leur arrivée au pays.

Nous connaissons la situation en Afghanistan. Des millions de réfugiés on fuit le pays et sont réfugiés en Iran ou Pakistan. La majorité des pays Européen on suspendu les expulsions vers ce pays en guerre, suivant les constats du HCR (2).
A quatre reprises la Grande Bretagne a annulé des vols collectifs vers l’Afghanistan, pour cause de sécurité pour les accompagnateurs (3).

Mais les autorités Belges font de la résistance !

P. sera amené sous escorte et de force sur le vol KLM 1720 Bruxelles vers Amsterdam à 06h25 le 9 juillet 2012 , puis Amsterdam Barhain vol KLM 451.32.20 , puis Barhain kaboul

 Rendez vous au Check point à 4h15 ce lundi matin pour parler aux passagers et leur expliquer qu’ils peuvent refuser que P soit expulsé de force dans leur avion en en parlant avec le commandant de bord.

Et si vous ne pouvez y aller écrivez à la compagnie aérienne bien connue pour leur collaboration avec tous les gouvernement Européens pour expulser les personnes jugés indésirables

 KLM Belgiquee

tel 070222466, 070225335

FAX 070222480

Mail sur:

.http://www.klm.com/travel/be_fr/customer_support/customer_support/contact/contact_popup.htm

KLM Netherlands             0031(0)205459780      , 0031(0)4747747

Bron : Getting the Out Voice

zaterdag 12 mei 2012

Duistere toestanden in het gesloten centrum van Merksplas


Donderdag 10 mei zijn de 'illegalen' in het gesloten centrum te Merksplas in opstand gekomen. Blok 1 en Blok 3 zijn in actie getreden om de aandacht te vestigen op hun miserabele situatie en om de onrechtvaardigheid tegen te gaan. Om 12 uur begon de actie.
"We kunnen dit niet meer verdragen. Wij gaan ons verdedigen. Sommigen willen zelfmoord plegen", luidt het.
Zij, onschuldige mensen nvdr., zijn het beu dat zij onterecht opgesloten worden en als dieren worden behandeld. Zij voelen zich in een concentratiekamp.
"De politie is massaal aanwezig in het centrum, het personeel zet de opgesloten onder druk door te zeggen dat ze zullen teruggestuurd worden en tellen het aantal dagen af tot hun gedwongen terugkeer", klinkt het bij één van de opgeslotenen.
Om 13u44 vandaag werd bericht dat enkelen zich op het dak van het gesloten centrum bevonden en zouden springen.
Om 15u10 werd alle communicatie met de opgeslotenen verbroken, de mensen zijn plots allen onbereikbaar, de gsm's werden hoogstwaarschijnlijk in beslag genomen.
Volgens enkele opgeslotenen zijn er 5 van de actievoerders naar de gevangenis te Merksplas gebracht.
Aan de kant van de directie bleef het angstvallig stil. Op de vraag of er politie aanwezig was in het centrum, of er een actie aan de gang was, of de mensen in veiligheid waren, werd er (na veel doorverbinden) gevraagd vanwaar deze informatie kwam en ontkent dat er dergelijke zaken gaande waren.
Indien u meer informatie wenst, kan u steeds bellen naar het Centrum voor Illegalen te Merksplas:             014/639110      . U hoeft daarentegen niet te verwachten dat ze u zullen verder helpen.
Om 17u daarentegen werd er door de persverantwoordelijke bevestigd dat er tumult veroorzaakt was door 1 persoon die gepoogd had het gehele centrum aan te zetten om tot dergelijke actie over te gaan en dat "nodige procedures en maatregelingen getroffen zullen worden." Maw, men zal hem het zwijgen opleggen. In één adem vervolgde ze dat met Scot Manyo alles in orde was.
Bron is bekent.

vrijdag 27 april 2012

Visite au centre ferme de Merksplas.




C’est une histoire que vous aurez du mal à croire peut-être, et pourtant c’est une histoire vraie. Je n’invente rien, je n’enjolive ni n’enlaidis rien.
J’essaie de rester au plus près de ce qui s’est passé il y a trois jours, mardi 24 avril 2012.

Avec mon mari qui a accepté de m’y conduire en voiture, je suis allée au centre fermé de Merksplas.
Merksplas, c’est un petit bourg en Flandres, à quelques kilomètres de Turnhout, où se trouvent une prison et non loin d’elle, un de 7 centres fermés pour « illégaux » que compte la Belgique.

J’avais convenu avec Bachir, l’un des 23 grévistes de la faim qui a été arrêté par la police dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 avril, accusé d’avoir volé un téléphone portable, et qui y était depuis lors maintenu, que je viendrais au centre fermé pour lui rendre visite.

Une autre personne avait déjà voulu s’y rendre le vendredi 20 mais la direction du centre lui avait refusé l’entrée au motif qu’elle était membre du comité de soutien des grévistes de la faim. Je n’en suis pas membre et je ne me suis pas inquiétée de me voir refuser l’entrée.

A 12h30, à l’accueil des visiteurs, je rencontre trois dames âgées déjà qui, comme moi, parlent français. Elles sont venues en train et en bus, l’une depuis Jambes, près de Namur, les deux autres depuis Bruxelles. Elles sont en route depuis 6h du matin.
Elles parlent entre elles de la personne à qui elles viennent rendre visite, un monsieur qu’elles aiment bien d’après ce que je comprends, et qui s’appelle Rachid. Elles disent qu’il est poli, gentil,  bien élevé… et qu’elles ne comprennent pas qu’il soit enfermé là.

Quelques autres visiteurs nous rejoignent et patientent avec nous. Une jeune femme, parmi ceux-ci, est plus habituée et connaît les règles. Elle nous explique que les produits que nous apportons seront remis plus tard à la personne que nous venons visiter et que les billets de banque sont interdits. Les pièces de monnaie par contre sont acceptées.
Mon mari et moi, nous fouillons nos portemonnaies et nous partageons notre monnaie avec les dames plus âgées qui n’ont que des billets. Elles déplorent de ne pas avoir apporté de produits de soin pour Rachid et je partage avec elles ceux que j’ai apportés pour Bachir.

Deux des trois dames sont admises dans le sas d’entrée. Elles ne savaient pas que deux visiteurs était le maximum autorisé par visite. La troisième dame reste assise sur le bord du sas d’accueil extérieur. C’est à mon tour de présenter ma carte d’identité et de donner le nom et le numéro de chambre de la personne à qui je viens rendre visite.

« Votre nom n’est pas sur la liste »… Voilà ce que me dit l’hôtesse d’accueil. Je m’étonne, je dis que j’avais bien communiqué mon nom à Bachir pour qu’il indique qu’il acceptait ma visite. C’est en effet ainsi qu’il faut procéder.
L’hôtesse d’accueil se renseigne par téléphone et j’attends, toujours en compagnie de mon mari, de la troisième dame et des quelques autres visiteurs.
Après quelques minutes, elle me rappelle devant le guichet bien fermé. Il y a juste une petite ouverture par laquelle j’ai glissé ma carte d’identité quelques instants plus tôt. Elle y glisse ma carte dans ma direction en disant : « Vous n’êtes pas autorisée à rentrer… ».
Je m’étonne. « Pourquoi ? ».
« Parce que vous êtes de la VUB ».
Je m’étonne encore et je lui dis : « Non, je ne suis pas de la VUB, je n’ai rien à voir avec la VUB ».
« C’est comme ça, me répond elle, c’est la direction qui le dit. »
J’insiste et je répète : « Je n’ai rien à voir avec la VUB, je suis une sympathisante des sans papier bien sûr, sinon je ne serais pas devant votre guichet… Est-il possible de rencontrer la direction ? »
L’hôtesse reprend son téléphone. Je continue à attendre. Mon mari propose d’entrer à ma place, si c’est impossible pour moi d’y aller. Lui aussi tend sa carte d’identité à l’hôtesse qui parlemente au téléphone. Finalement, elle nous dit de nous mettre sur le côté, qu’elle doit faire rentrer les autres visiteurs, que quelqu’un de la direction va venir nous parler plus tard.
Nous nous exécutons et nous attendons. Les 3 ou 4 autres visiteurs rejoignent les deux dames dans le sas d’entrée.

Finalement, l’hôtesse me rappelle : « D’où connaissez-vous Monsieur Bachir D. ? »
Je suis surprise par sa question mais la réponse me vient spontanément. « Je suis sympathisante des sans papier depuis longtemps, j’ai entendu parler de lui et d’autres sans papier qui ont squatté un immeuble vide, à Ixelles, ils étaient entre deux cent et trois cent personnes… Puis ils ont été expulsés et certains ont logés sous tentes sur la place Fernand Cocq, juste devant la Maison Communale… »
Elle répète ma réponse, sans doute à quelqu’un de la direction, avec qui elle est en communication téléphonique.
« Vous savez qu’il faisait la grève de la faim ? » me demande-t-elle ensuite.
« Oui, je le sais, je sais qu’ils sont 23 personnes à faire la grève de la faim. »
Elle répète. J’attends. Elle me regarde et me dit alors: « C’est bon, vous pouvez entrer. »

A mon tour, je rejoins les autres visiteurs qui attendent dans le sas d’entrée. Il est 13h 10. Je signe les papiers qu’on me demande de signer et confie les produits de soin à un gardien qui les met dans un sac plastique. Il me met aussi une marque sur la main mais d’une encre invisible. Avec les autres visiteurs, j’attends. Finalement deux gardiens arrivent et nous ouvrent la porte.

Ils nous précèdent dans une grande cour entourée de hautes clôtures surmontées de rouleaux de fils barbelés. Je reste à l’arrière avec les deux dames âgées, l’une d’elle a beaucoup de difficulté à marcher. L’autre regarde partout autour d’elle. Elle s’exclame, très fort, en direction de son amie qui est à la traîne : « Mais on dirait Buchenwald ici… ça me rappelle les films de la guerre… »
Et puis elle s’adresse à moi : « C’est vraiment une prison, je ne m’y attendais pas, ils ne savent vraiment pas s’enfuir… »
Je dis « oui, un centre fermé c’est comme une prison. »

Nous arrivons ensuite à la cantine. Il faut d’abord passer par un portique de sécurité… J’ai reçu un papier à l’entrée qui donne des explications aux visiteurs. Parmi celles-ci, il est dit qu’une visite au centre fermé peut être dangereuse pour la santé de la femme enceinte et du fœtus… Sans doute à cause de ce portique, me dis-je… mais je n’en sais rien.

Dans la cantine, l’attente continue. Nous nous éparpillons autour des tables. Je me demande où me mettre, quel serait le meilleur endroit où m’assoir pour avoir un peu de tranquillité avec Bachir. Je choisis une table à l’écart, loin des distributeurs de boissons. Je vois entrer un homme d’une quarantaine d’années. Tout sourire, il se dirige vers les deux dames… L’une d’elle pousse des cris de joie : « Rachid… mon petit Rachid… » et elle le serre dans ses bras.

A ce moment-là, un gardien me fait signe… « Vous, c’est pas ici la visite… Venez avec moi ».
Je le suis jusqu’à l’entrée de la cantine. « Attendez. On va venir vous chercher. C’est dans un autre bâtiment. »
J’attends. Un autre gardien arrive et me fait signe de le suivre. Nous retraversons la cour et entrons dans un autre bâtiment. Une, puis deux, puis trois portes s’ouvrent et se referment derrière moi. Nous entrons dans un long couloir sale. Une femme m’accueille. Je la suis. Elle prend son trousseau de clé et ouvre une porte… J’entrevois Bachir de profil, assis sur un lit. Elle me laisse passer et j’entre dans la chambre.

« Je vais refermer la porte à clé. Vous avez le bouton ici pour appeler si vous avez besoin de quelque chose ou pour sortir. Si non, je viens vous chercher quand la visite est finie. » Bachir se lève. Il me sourit. Je remercie la gardienne qui sort en fermant à clé comme elle l’a annoncé.  Je crois qu’à ce moment il devait être 13h30.

J’apporte à Bachir des nouvelles des autres grévistes de la faim.
Principalement, leur décision prise la veille au soir d’arrêter la grève.
Leur déception de n’avoir rien obtenu mais leur détermination à vivre.
Bachir me dit qu’il va arrêter la grève lui aussi.
Je lui donne les conseils de réalimentation préconisés par le médecin qui les suit depuis le début de la grève de la faim.
Je lui donne le papier de Fedasil qui explique la procédure de retour volontaire.
Ce papier a été remis la veille à tous les autres grévistes, avant qu’ils prennent leur décision.
Et je lui donne aussi la carte de téléphone qu’il m’a demandée et le numéro de l’avocat pour qu’il se mette lui même en contact avec lui.

Ce qui se passe pendant la visite n’a pas lieu d’être raconté ici en détails.
Bachir m’explique comment s’est passée son arrestation quelques jours plus tôt, comment il était sorti avec une autre personne sans papier mais non gréviste, parce qu’il devenait fou de rester enfermé sans manger depuis presque 100 jours, comment ils sont allés à la gare du Midi, comment il a utilisé un téléphone portable qui avait été volé par son compagnon, pour appeler sa famille… et comment les policiers les ont repérés et l’ont arrêté parce qu’il n’avait, contrairement à l’autre personne, pas la force de s’enfuir.
Il me parle de son village d’origine, à 250 km d’Oran en Algérie, de son arrivée d’abord en Espagne et puis en Belgique…
Il me transmet un message pour les autres personnes ex-grévistes de la faim…
« Je m’excuse, je demande pardon, parce que j’ai fait une bêtise… »
Nous parlons simplement.

Avant la fin de l’heure de visite, je lui dis au revoir. Je pense à mon mari qui m’attend à l’entrée. Je pense qu’il est temps que j’y aille. Je lui dis que je transmettrai son message.
Il me dit des noms, des prénoms… « Saluez bien Jamal, Mimoun… Oumar et Mohammed… »
Je promets de le faire. J’appuie sur le bouton et presqu’aussitôt, la gardienne vient m’ouvrir. Un dernier au revoir à Bachir et je la suis dans les couloirs du bâtiment, puis dans la cour extérieure, jusqu’au sas d’entrée. Je récupère ma carte d’identité et je sors.

Mon mari, en m’attendant, a tenu compagnie à la troisième dame. Ils sont assis côte à côte sur une pierre froide.  Il est presque 14h15, l’heure de fin de la visite.  Je dis à la dame que j’ai vu Rachid et qu’il était très heureux de voir ses amies. Mon mari demande à la dame si elle souhaite qu’on attende avec elle ses amies. Elle dit non, elle dit que ce n’est pas la peine puisqu’elles ne vont plus tarder.
Nous la saluons et rejoignons le parking.

Dans la voiture sur le chemin du retour vers Bruxelles, mon mari me demande si je sais qui sont ces trois dames âgées. Je dis non, celles avec lesquelles je suis rentrée dans le centre ne m’ont rien dit.
Il m’explique alors qu’en nous attendant il a eu une longue conversation avec la troisième dame restée à l’extérieur.

Elle lui a expliqué qu’elle et ses deux amies sont toutes les trois « Madame pipi ».
La dame qui a attendu à l’extérieur travaille à Namur, ses deux amies à Bruxelles.
L’une des deux, celle qui s’est étonnée devant les clôtures et les barbelés, connaît Rachid depuis longtemps. Elle travaille dans le métro De Brouckère et Rachid y est souvent. Il mendie mais aussi, il l’aide, quand il y a un grand nettoyage à faire dans les lieux d’aisance, quand des gens renversent de la bière ou vomissent, par exemple…
La présence de Rachid la rassure aussi, parce qu’elle ressent son lieu de travail comme dangereux… Il y a beaucoup de monde, beaucoup de trafics de toutes sortes, de drogues en tout cas…
Voilà pourquoi elles sont venues toutes les trois pour lui rendre visite ce mardi 24 avril.

Je n’en reviens pas. Personne n’oserait inventer une histoire comme celle là.

Mon mari me raconte enfin que Rachid a été arrêté dans le métro il y a quelques jours… D’après la dame avec laquelle il a parlé pendant près d’une heure, une quatrième Madame pipi a eu peur de lui et a appelé la police.
Peur de quoi ? Pourquoi ? De quoi a-t-on accusé Rachid ?
Mon mari n’en sait pas beaucoup plus… Il avait un couteau, paraît-il…

Mais quoi qu’il en soit, coupable de quelque chose ou coupable de rien, Rachid n’a pas de papier… il n’a donc pas de droit.

Je ne sais pas s’il sera expulsé. Je ne sais pas si Bachir sera expulsé.

Mais je sais que les trois visiteuses âgées, les trois Madame pipi, comme moi et comme beaucoup d’autres, nous ne partageons pas la peur que l’on répand à propos de ces personnes sans papier.

Oui, ça je le sais. Et c’est important de le raconter je crois.

Bron : Laurette Vankeerberghen