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dinsdag 18 december 2018

L’Office des Étranger en manœuvre pour expulser à tout prix.


7/12/2018: Le carrousel des enfermements/ libérations d’exilé.e.s attrapé.e.s dans les gares et parkings dans tout le pays continue.
Rien qu’en novembre, 73 arrestations nous ont été signalées par les hébergeur.se.s, dont 60 ont été libéré.e.s dans les jours qui ont suivi, en général grâce à l’intervention rapide d’avocats qui introduisent un recours en extrême urgence au CCE.

Parmi les exilés en transit en Belgique on compte à ce jour, basant nos chiffres sur les annonces des hébergeurs de la plateforme
au centre fermé 127bis : 35 exilés de passage enfermés
au centre fermé Caricole : 3
au centre ferlé de Bruges : 51
Au centre fermé de Merkplas : 7
au centre fermé de Vottem : 8 enfermés
Et 12 exilés à notre connaissance ont été mis en prison

L’office des Étrangers à la manœuvre :
-Pour éviter ces recours, une des stratégies de l’Office est de faire dire par leurs travailleurs dans les centres fermés que se faire défendre par un avocat empêchera leurs libérations.
Remarque d’un avocat : « il est important d’avertir que certaines AS prétendent qu’une libération sera possible pour autant qu’ils ne prennent pas d’avocat. Ceci est bien évidemment totalement faux. »
Parole d’une hébergeuse : » la rumeur court dans les centres fermés que tes chances sont moindres de sortir si tu prends un avocat et donc ils ne signent pas le fameux papier de décharge. »
Dans les faits , l’absence d’un avocat empêchera le recours à leur arrestation devant le CCE. L’exilé.e restera enfermé en vue d’une expulsion dans les semaines qui suivent…
-Une autre manœuvre de l’Office est de faire barrage aux informations sur la présence de personnes enfermées dans les centres. Pour exemple, 8 Syriens étaient enfermés au 127 bis . L’accueil du centre confirmait à plusieurs reprises qu’ils n’étaient pas là. Grâce à la persévérance d’hébergeurs et d’avocats on a pu retrouver leur trace (oui ils étaient bel et bien au centre!) et un recours a été introduit dans les temps pour la majorité d’entre eux….
Témoignages:

Quelques témoignages parmi d’autres qui nous arrivent des centres fermés sur la violence utilisée lors des enfermements et expulsions sur des sans papiers ou demandeurs d’asile :
Témoignage 1 : Un homme enfermé au centre fermé de Vottem nous raconte : « Ils sont venus le chercher pour le mettre au cachot pour une première tentative d’expulsion. Il n’avait pas été prévenu et n’a pu prévenir personne. Il était assez confiant puisqu’il avait été libéré pour la 3ème fois par le tribunal. Le lendemain matin une dizaine de policiers sont venus le chercher dans son cachot, l’ont ligoté et amené à l’aéroport. Il a été expulsé sous contrainte vers son pays d’origine. »

Témoignage 2 :
« J’ai été amené à mon ambassade pour obtenir un laissez passer en vue de mon expulsion. L’ambassade a refusé. Suite à cela l’office a pris rendez-vous dans trois autres ambassades : le Cameroun, Centrafrique, Burkina Faso. Ils veulent vraiment se débarrasser de moi ! »

Témoignage 3 :
On a reçu plusieurs témoignages de codétenus dans le centre fermé Caricole au sujet de l’expulsion d’une femme :
« L’AS est venue lui dire tu prends tes affaires et tu pars à l’aéroport »
« C’était sa première tentative et elle n’avait pas été prévenue »
« On l’a isolée la nuit pour lui faire respirer un gaz dans son sommeil pour qu’elle ne proteste pas lors de son expulsion »
L’avocate était stupéfiée qu’ils aient osé l’expulser ainsi. Elle compte faire un recours à la CEDH (Cour européenne des droits de l’homme).

Face à la répression et à la machine à déporter : organisons-nous contre l’état et les frontières !
Face à un état qui rafle, déporte et réprime : organisons nous !

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