En répondant à une question posée en Commission parlementaire de la Communauté française ce 27 janvier 2026, la ministre des Médias Jacqueline Galant affirme avoir pris connaissance de
la dernière édition du rapport « État des droits humains en Belgique » de la Ligue. Nous nous en réjouissons ! Tout en soulignant des observations utiles sur les matières qui relèvent de sa compétence, la ministre ne cache pas sa déception « sur la forme et la méthode » du rapport. Elle estime, en effet, qu’il manque de rigueur puisqu’il « se permet des formulations très politiques sur la composition d’un gouvernement et qualifie certains partis avec des mots particulièrement lourds ».
Pourtant, les propos de la ministre de ces derniers jours confirment les constats de la LDH : l’existence d’une stratégie délibérée d’affaiblissement des contre-pouvoirs, qu’il s’agisse de la justice, des syndicats, de la presse, ou même des universités !
En effet, la récente polémique autour des propos de Mme Galant — et de son président de parti — au sujet des changements à la tête de la RTBF, l’espoir assumé de cette dernière d’« apporter une ligne [éditoriale] un peu différente qui ira de l’autre côté de l’échiquier politique » sont irréconciliables avec son rôle ministériel.
Cette intervention a été qualifiée de « disgracieuse et insultante » par la Ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pourtant, l’« union sacrée » entre les deux partis de la majorité est la condition indispensable pour que ces attaques institutionnelles aux contre-pouvoirs puissent avoir lieu.
Dans la même vidéo, Mme Galant rappelle que sa fonction ministérielle lui impose un devoir de réserve alors que son président de parti a un rôle « beaucoup plus facile, parce qu’il peut dire ce qu’il veut ». Et, en effet, le président du parti a exercé sa liberté de parole pour qualifier la chaîne BX1 de « télévision du PS » et l’ULB d’émanation du même parti, deux lieux où « une partie du monde autoproclamé intellectuel » n’existe que pour critiquer le gouvernement.
Or, comme l’ont rappelé les communiqués de l’Association des journalistes professionnels et de la rectrice de l’ULB, Annemie Schaus, le rôle des contre-pouvoirs est bien celui de contextualiser, de critiquer et d’informer la société de manière rigoureuse et indépendante. Les contre-pouvoirs existent pour rappeler à celles et ceux qui ont reçu un mandat des électeur·rices que l’exercice démocratique ne s’épuise pas en année électorale et que tant les faits que les normes garantissant une société démocratique ne sont pas adaptables au goût du gouvernement.
Mattias Sant'Ana,
administrateur à la LDH
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