 Courant février, on a pu apercevoir à Calais, sur le pont de l’autoroute au niveau de la sortie 43, un énorme tag dénonçant “LES FRONTIERES TUENT“. De nombreux.ses conducteur.ice.s ont pu l’observer, avant qu’il ne soit effacé après 3 jours. |
On a également vu fleurir, le long du littoral entre Calais et Boulogne-sur-Mer, une stèle (toujours en place à ce jour !) à la mémoire des personnes tuées aux frontières, arborant le texte : “POUR TOUTES LES PERSONNES TUEES PAR LES FRONTIERES / NI OUBLI NI PARDON / LIBERTE DE CIRCULATION POUR TOUSTES“. |
On peut imaginer que ces manifestations sont en lien avec la date du 6 février, qui commémore tragiquement le massacre de Tarajal : le 6 février 2014, au moins 14 personnes ont été tuées par les garde-frontières espagnols à quelques mètres de la plage de Tarajal, à Ceuta, petite enclave espagnole située au nord du territoire marocain. Ces personnes essayaient de rejoindre Ceuta, et donc l’Europe, à la nage. Des dizaines d’autres personnes ont disparu. Ce massacre est devenu l’un des nombreux symboles des violences liées aux frontières. |
Depuis, chaque 6 février, les “Commémor’Actions” rendent hommage à travers le monde aux victimes de Tarajal et à toutes les personnes décédées et disparues aux frontières. Le but de cette journée est non seulement de commémorer, mais aussi de visibiliser et dénoncer, bref : exiger la fin du régime mortifère qu’est celui des frontières. |
A Calais, un évènement s’est d’ailleurs tenu à la Maison d’Entraide et de Ressources (M.E.R.) le 6 février, à l’appel du réseau Global Commemor’action. Ce fut l’occasion de rappeler le nom des personnes tuées par la frontière franco-britannique au cours de la dernière année, et de partager le témoignagne de leurs proches. Le tout a été suivi d’une cantine, afin de se retrouver et d’échanger. |
A la frontière franco-britannique, c’est au moins 543 personnes qui ont perdu la vie sur leur parcours migratoire depuis 1999. S’ajoute à ce terrible nombre d’autres personnes, disparues, dont les proches attendent toujours des nouvelles. |
Partout où elles sont érigées, les frontières tuent, encore et toujours. Quand elles ne tuent pas, elles blessent, elles abiment, elles épuisent. Elles perpétuent une ségrégation raciale entre celleux avec les “bons” ou les “mauvais” papiers, celleux qui peuvent monter à bord des ferrys, et celleux qui doivent s’entasser sur des bateaux pneumatiques bondés et risquer leur vie. |
Alors continons à nous rappeler des personnes mortes et disparues dans leur parcours migratoire, continuons à leur rendre hommage, à soutenir leurs proches, et ne cessons jamais de lutter contre les frontières, ici et ailleurs. Liberté de ciculation pour toustes ! |
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