Le coup d'après et au-delà La rentrée s’annonce chaude. Les réformes sociales du gouvernement Arizona vont impacter des milliers de personnes pourtant déjà précarisées. Malgré les annonces récentes, le gouvernement ne prend toujours pas la mesure du désastre qui se déroule sous nos yeux à Gaza. L’absence prolongée de gouvernement à Bruxelles pèse lourd sur de nombreux secteurs. Ce sont autant de bonnes raisons, parmi d’autres, de manifester au cours des prochaines mois, et le climat social sera vif. Dans le même temps, les dispositifs de surveillance et de répression se renforcent, à bas bruit, pour l’instant. La police réclame des armes dangereuses dans le cadre de simples missions de gestion de manifestations. Des communes s’équipent de drones mais leurs motifs restent flous. L’idée de la reconnaissance faciale, qui figure dans l’accord de gouvernement, gagne du terrain. Le retour des visites domiciliaires se profile et le ministre de l’Intérieur a annoncé cet été un projet de dissolution des organisations extrémistes. Le tournant sécuritaire dénoncé par la Ligue lors de la formation du gouvernement se précise donc. Mais ce serait une erreur que de s’arrêter à ces premiers signaux. Il faut garder en tête le coup d’après, et même au-delà. Car si des organisations musulmanes ou propalestiniennes risquent d’être les premières touchées par ces velléités de dissolution, il ne faudra pas longtemps pour que d’autres organisations soient visées. Si demain, la police peut entrer chez vous pour débusquer des personnes migrantes, il ne faudra pas plus longtemps pour étendre cette intrusion à d’autres motifs. L’usage généralisé de la reconnaissance faciale risque d’impacter durablement nos sociétés. Et le projet de Vanessa Matz de supprimer l’anonymat en ligne, même animé de bonnes intentions, comporte des risques disproportionnés pour la vie privée et les droits fondamentaux. Il reste important de contester ces mesures isolément et la Ligue y veillera. Mais il est tout aussi important de se forger une vue d’ensemble, de repolitiser les questions d’intérêt général, de débattre du type de société que nous voulons pour demain. Or cette question n’est presque jamais abordée dans les discussions politiques du moment. Il revient à la société civile de ne pas se cantonner au combat contre des mesures injustes ou dangereuses mais de proposer une vision de la société à laquelle nous aspirons, avec les droits humains pour boussole. Belle rentrée à vous,
Pierre-Arnaud Perrouty, Directeur de la Ligue des droits humains |
Geen opmerkingen:
Een reactie posten