Violences liées au trafic de drogue : l'urgence de changer d'approche
L'insécurité liée au trafic de drogues, c'est l'histoire d'un échec collectif mais surtout d'une approche inopérante. Si le phénomène est ancien, il s'aggrave nettement depuis plusieurs années : changement d'acteurs et d'échelle, profits énormes et augmentation de la violence, impliquant parfois des personnes très jeunes. En 2024, on comptait déjà plus de 70 fusillades à Bruxelles. Elles se sont enchaînées dramatiquement ces derniers jours, y compris dans des quartiers densément peuplés. En 2024, les autorités avaient identifié une quinzaine de hotspots à Bruxelles et adopté des mesures sécuritaires telles que la perception immédiate d’amendes pour possession ou consommation de drogues, l’autorisation de contrôles d’identité systématiques et la saisie "d’objets qui facilitent la consommation de drogues". L'armée a été appelée en renfort au printemps 2026. Ces derniers jours, des opérations "coup de poing" ont été menées, en réalité des " coups de com' ", ce dont personne n'est dupe. Aucune de ces mesures n'a réellement changé la situation. Le constat minimal, sur lequel tout le monde devrait s'accorder, c'est que l'approche répressive a complètement échoué. Or les réactions politiques après les dernières fusillades consistaient soit à se renvoyer la responsabilité, soit à verser dans la surenchère sécuritaire. La proposition du ministre-président bruxellois Boris Dilliès de faire appel à des drones pour poursuivre les trafiquants est le prototype de solutionnisme technologique qui ne peut rien résoudre et qui soulève des questions sensibles de protection de la vie privée. Un autre constat s'impose : les autorités publiques sont complètement dépassées. Il est certainement nécessaire de renforcer la coopération entre zones de police, bourgmestres, parquets, justice, prisons et des initiatives sont prises en ce sens. Mais il serait plus judicieux de changer de perspective et d'aborder aussi le problème sous l'angle de la santé publique pour s'attaquer aux causes, pas seulement aux conséquences. La suppression de places d'accueil pour les personnes sans-papiers ou sans-abri (sans chez-soi) les enferme dans une grande précarité qui les rend plus vulnérables et exposées à la consommation de drogues et aux offres des organisations criminelles, qui trouvent là une réserve de recrutement inespérée. Cette situation est encore aggravée par le définancement du secteur associatif. Les associations qui viennent en aide aux personnes sous assuétudes, migrantes et sans-abri voient leurs moyens diminuer drastiquement depuis plusieurs mois. Déjà en avril 2024, les professionnels du secteur et la LDH alertaient les pouvoirs publics : pour affaiblir durablement le narcotrafic, la priorité doit enfin être donnée à la santé publique et à des réponses concertées avec le secteur professionnel. Et quitte à faire preuve de courage politique, il est aussi possible de dépénaliser les stupéfiants. Cette mesure présenterait deux avantages immédiats : casser le business model des organisations et désengorger les prisons. Des expériences de légalisation et de régulation ont été menées en Europe et la Belgique serait bien avisée de s'en inspirer plutôt que de s'en remettre à des drones.
Pierre-Arnaud Perrouty Directeur de la LDH |
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| | Des luttes d'hier aux droits de demain
Retrouvez Sibylle Gioe, présidente de la Ligue, le 21 septembre à 14h sur les ondes de la RTBF dans l'émission "Un Jour dans l'Histoire" Elle y présentera notamment le livre édité à l'occasion de nos 125 ans : " Des luttes d'hier aux droits de demain ". Le livre est toujours disponible en commande sur notre site.
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| | État de droit, ordre bourgeois
Le 14 septembre de 18h à 21h à la Vieille Chéchette (2 rue de Monténégro, 1060 Saint-Gilles) Gratuit mais sur inscription
Face aux gouvernements liberticides, aux violences policières, à la réaction coloniale en Kanaky ou au patronat radicalisé, plus il devient nécessaire de se défendre en justice, plus il est difficile de le faire. C’est l’expérience que font au quotidien les avocat·es des classes opprimées : quand l’ordre social et la légitimité du pouvoir sont mis en cause, garde des Sceaux, parquet et juges font bloc derrière le régime, et les principes libéraux de « l’État de droit » ne pèsent plus bien lourd. |
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| S’approprier collectivement des outils pour faire face aux violences interpersonnelles
Les 30 septembre et 1er octobre de 10h à 17h aux ateliers Mommen (37 rue de la Charité 37, 1210 Saint-Josse-ten-Noode) Gratuit mais sur inscription.
Depuis plus de quinze ans, Creative Interventions, un collectif états-unien, développe des pratiques communautaires pour répondre aux violences domestiques, familiales et sexuelles. À partir de situations vécues, le collectif a construit une boîte à outils de justice transformatrice (une approche qui cherche à répondre aux violences en mobilisant la responsabilité collective et les communautés concernées) qui rassemble des récits d’expériences, des repères méthodologiques et des exercices concrets. En partenariat avec le Centre Librex et la PAC. |
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| | Visites domiciliaires
Le 15 septembre de 18h à 20h30 à l'Auberge de Jeunesse de Liège (2 rue Georges Simenon, 4020 Liège) Gratuit mais inscription obligatoire.
Depuis plusieurs mois, le projet de loi sur les "visites domiciliaires" fait la une de l'actualité. De nombreuses initiatives citoyennes et associatives ont été prises pour marquer notre opposition aux rafles de personnes sans papiers en Belgique.Nous recevons également de nombreuses questions de citoyen·nes solidaires qui souhaitent en savoir plus sur ce projet de loi, sur ses conséquences et sur les actions en cours.Pour y répondre, nos 4 organisations - BelRefugees, CNCD-11.11.11, La Ligue des droits humains et le CIRÉ - organisent une soirée d'information sur le sujet. |
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| | Exil : deux films, une même réalité
Le samedi 26 septembre à 9h30 au cinéma Palace (85 boulevard Anspach, 1000 Bruxelles) Sur réservation
Nous avons le plaisir de vous inviter à une matinée exceptionnelle autour des films documentaires de Yves Dorme : « Les Hommes Seuls – Une crise de l’accueil sans fin » et « Quatre Femmes en Exil ». À travers des récits profondément humains, ces deux œuvres mettent en lumière les parcours, les défis et les réalités vécues par des hommes et des femmes confrontés à l’exil, à la précarité et à l’exclusion. |
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| | Les temps des migrants
Le vendredi 16 octobre de 9h à 17h à HELMo ESAS (Liège)
Du 14 octobre au 20 novembre 2026, Cap Migrants organise à Liège un festival consacré aux temporalités migratoires, en collaboration avec plusieurs partenaires associatifs, académiques et culturels. Pensé comme un espace de rencontre, de réflexion et de création, ce festival propose de croiser récits de vie, recherche, productions artistiques et expériences de terrain afin d’interroger les multiples temps qui traversent les parcours migratoires : l’attente, l’incertitude, les échéances, les apprentissages, … Cap Migrants et les Unités de Recherche LABOCS et REaL Lab de HELMo ont le plaisir de vous inviter à une journée d’études prenant place au sein de ce festival, organisée le vendredi 16 octobre 2026 à HELMo ESAS, en présence de Sibylle Gioe, présidente de la LDH.
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| | Quand la parole circule… créer les conditions d’un véritable échange
Les 17 et 18 novembre de 9h30 à 17h au Centre librex (66 rue Coenraets 1060 Bruxelles) Gratuit mais sur inscription
Les échanges d’idées, qu’ils aient lieu dans un collectif, une association, un groupe militant, en famille ou entre ami·es, ne permettent pas toujours à chacun·e de trouver sa place. Certaines personnes parlent beaucoup, d’autres très peu. Certaines voix sont davantage entendues que d’autres. Sans que nous en ayons toujours conscience, des mécanismes de domination influencent la manière dont la parole circule, se répartit… ou se bloque. En partenariat avec le Centre Librex. |
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| | Siamo tutti antifascisti
Depuis quand a-t-on essayé de gommer « fasciste » de « antifa » ? Depuis quand « antifa » fait-il plus peur que ce qu’il tente de combattre ? « Antifa », le mot que l’on n’ose prononcer en entier, et pourtant ! Être antifasciste en 2026, ça veut dire quoi ? Comment en est-on arrivé, en 2026 à vouloir dissoudre des mouvements antifas ? Pour tenter d’y répondre, à travers ce numéro nous donnons la plume à des expert·es du sujet.
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Nos communiqués de presse |
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