Journal collectif des détenus dans les centres fermés de Merksplas et Bruges
Depuis différents centres fermés, des détenus s’organisent pour relayer collectivement des messages qu’ils appellent à diffuser le plus possible !
MERKSPLAS :
Ce 19/08/2026, une personne détenue faisait passer ce message :
“Aujourd’hui les gens enfermés au centre fermé de Merksplas ont décidé de ne pas manger, tout le bloc 4 sauf une personne malade, afin de réclamer nos droits.
Ici on nous enferme à 22:30 dans les chambres et on est traités comme des criminels, aucune humanité.
C’est honteux et scandaleux, c’est une violation des droits de l’homme.
On compte sur vous pour faire passer le message en dehors des murs…”
Ce 20/08, nous apprenions que la police est intervenue et a placé 10 personnes au cachot.
Une semaine auparavant, c’étair déjà l’effervescence à Merksplas. Un soir au téléphone, Monsieur H. nous contacte mais la communication bloque à cause de la barrière de la langue. Monsieur R. se propose de traduire. Très vite, un groupe de personnes se forment autour de R. et de H., on entend du brouhaha dans le téléphone. Tous veulent témoigner de l’injustice de l’enfermement.
Ensemble, ils racontent :
“Les gardiens nous insultent, ils nous mettent au cachot.”
“Si j’avais un téléphone, je prendrais des photos de ce qui se passe ici. On est nombreux à vouloir témoigner. Ils nous maltraitent. Les gardiens jouent au foot, ils se fichent de nous, en ce moment même ils rient, tu les entends ?”
“Deux chambres sont fermées à cause des punaises de lit, les gens qui y dormaient ont simplement été placés dans d’autres chambres sans voir de médecin. Les gens n’arrêtent pas de se gratter. On ne leur donne que du paracétamol.”
“Ils font des piqûres aux personnes sous traitement.”
“Si tu casses quelque chose, tu dois payer avec les 50 euros qu’ils te prennent à ton arrivée au centre.”
“C’est de la torture, tu comprends ?”
“Aujourd’hui, on s’est tous rassemblés pour parler à la directrice parce qu’elle ne fait pas son travail. On était 15. Elle n’est pas venue.”
Un autre détenu dénonce aussi le traitement subi de la part du personnel médical :
“Quand on parle avec le médecin, il nous dit d’aller chercher un médecin dehors. Il crie, il nous dit “allez dégage, appelle ton avocat et va chercher un médecin dehors”. Ca va trop loin.
C’est la galère. On se bat pour vivre.
On n’est pas des animaux. On nous traite comme de la merde.”
BRUGES :
Ce 19/08/2026, plusieurs personnes détenues nous contactaient collectivement avec la demande d’obtenir du soutien et du relai médiatique quant à leurs situations :
“Nous nous trouvons dans une situation très difficile et nous avons besoin que notre situation puisse être entendue et, si possible, relayée auprès des associations, journalistes ou organismes pouvant nous apporter une aide. (…) Notre demande est urgente, car nous sommes actuellement enfermés dans le centre et nous avons besoin d’être accompagnés et entendus.”
Lorsqu’on les appelle, ils expliquent qu’au centre fermé de Bruges, 5 personnes ont entamé une grève de la faim. Après 7 jours sans manger, ils ont été mis au cachot pour deux jours, avant d’être emmenés à l’hôpital. Là-bas, on leur a injecté de focre de l’eau vitaminée, avant d’être ramenés au centre. “If you don’t take food, it’s not our business” leur disent les gardiens en riant après leur perfusion forcée.
L’un d’entre eux s’est vu promettre par la directrice de changer de centre s’il arrêtait sa grève, un souhait qu’elle lui connaissait.
Les 5 grévistes ont arrêté leur grève de la faim après cela. Soit par des administrations médicales forcées, soit par des manipulations psychologiques. Non respectés dans l’un des seuls pouvoirs de résistance qu’ils ont : choisir d’arrêter de manger.
FEU AUX CENTRES FERMÉS
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