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Posts tonen met het label Frontière. Alle posts tonen
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maandag 2 november 2015

France Calais d’une rafle à l’autre

Plusieurs voitures de police surviennent, suivies des fourgonnettes blanches qui servent aux arrestations. Des exilés tentent de s’esquiver, mais les policiers les bloquent. Ils sont plaqués contre les grilles, palpés, contrôlés. Ceux qui n’ont pas de documents en règle sont embarqués dans les fourgons. Une vingtaine d’arrestations, contribution aux rafles du jour qui doivent alimenter les centres de rétention à raison d’une cinquantaine de personnes quotidiennement depuis la dernière visite de Bernard Cazeneuve à Calais (voiriciiciiciiciiciici et ).
À l’autre bout de la chaîne, les associations de soutien juridique dans les centres de rétention, qui voient ces groupes de personnes raflées, amenées en bus ou en avion, libérées au bout de cinq jours pour faire place à un autre groupe dans les mêmes conditions, expriment leur consternation et leur indignation.
La Cimade :
Forum Réfugiés :
L’Ordre de Malte :
À ces rafles s’ajoute la pression policière autour du bidonville, avec des contrôles et des limitations de mouvement variables d’heure en heure, des véhicules d’aide humanitaire bloqués de manière arbitraire, selon des modalités et des règles qui semblent changer selon les policiers et leur humeur. Ceci dure depuis une semaine.
Et une opération de relogement loin de Calais sur laquelle on s’interroge (voirici et ), tant elle parait improvisée et peu claire quant à ses finalités, mise à l’abri hivernale, hébergement, avec ou sans accompagnement administratif, accès ou non à un soutien juridique indépendant garantissant l’accès aux droits, avec ou sans risque d’expulsion pour les personnes qui n’entreraient pas dans le cadre défini par les autorités.
Demain lundi, le tribunal administratif de Lille doit rendre son jugement suite à la plainte déposée par des habitants du bidonville, Médecins du Monde et le Secours catholique contre l’État pour les conditions de vie dans lesquelles sont mises et laissées les 6000 personnes qui y vivent.
Les habitant-e-s de la partie du bidonville qui doit être détruite pour faire place aux containers aménagés promis par Manuel Valls avaient jusqu’à aujourd’hui dimanche pour libérer la place. Une partie des personnes refuse de bouger, les autres sont simplement restées là où elles étaient, on ne sait pas ce qui va se passer demain lundi. Dans le climat de violence actuel de la part de l’État, on est inquiet.
Les habitant-e-s qui refusent d’aller défricher un emplacement pour y poser la tente qui leur serait donnée ont publié un communiqué expliquant leur position :
  • « Construction of the new camp will be right in the middle of the current camp but it is not a real solution for the problems of refugees.
  • The capacity of the new camp is 1500 places which is not sufficient for the refugee population of Calais.
  • The place the government has chosen for the construction is not viable to build a camp.
  • Decisions taken by the French government are unclear to us.
  • The French government forces refugees to evacuate the zone chosen for the construction of the new camp.Therefore we,­ the refugees present in this area,­ refuse to submit to this ingrate politics of anti-solidarity. The day that the government forces us to leave for this construction, that will be the day of our protest. »
La traduction en français :
  • « La construction du nouveau camp sera en plein milieu du camp actuel, mais ce n’est pas une véritable solution pour les problèmes des personnes réfugiées.
  • La capacité du nouveau camp est de 1500 places, ce qui n’est pas suffisant pour la population réfugiée de Calais.
  • La zone choisie par le gouvernement pour la construction n’est pas viable pour un camp.
  • Les décisions prises par le gouvernement français nous paraissent peu claires.
  • Le gouvernement français force des personnes réfugiées à évacuer la zone choisie pour la construction du nouveau camp.
En conséquence nous – les personnes réfugiées présentes dans cette zone – refusons de nous soumettre à cette irrespectueuse politique d’anti-solidarité. Le jour où le gouvernement nous forcera à partir pour démarrer les travaux, nous protesterons collectivement. »

donderdag 7 augustus 2014

France : Calais : LA GUERRE ET LA PAIX

LA GUERRE ET LA PAIX


Hier mardi, 18h, distribution des repas. Une longue ligne d’hommes et de femmes assis-e-s serpente. Au milieu d’eux, par groupes, des CRS debout, la gazeuse au poing. Un rang de CRS en tenue anti-émeute délimite l’aire de distribution. Autour de la scène, les téléobjectifs et les caméras de différents médias français et étrangers captent l’image de l’animalité domptée par la force de l’État. Après deux nuits de bagarres entre exilés, les autorités ont invité les médias à se repaitre d’un tableau vivant apprêté à leur intention. Les bénévoles évoluent maladroitement au milieu de tout ça, comme les dindons de la farce.
Après le repas, suivant des pourparlers entamés au préalable, un petit groupe s’assemble de représentants des deux parties en conflit. La tonalité des discussions est qu’il faut arrêter les violences et continuer la discussion demain après le repas pour arriver à un accord.
En début de soirée, Occupation Galou, impasse des Salines. Les Soudanais qui habitent le lieu se réunissent pour discuter du conflit. Deux positions fédèrent l’écrasante majorité, l’une d’arrêter les violences purement et simplement, l’autre d’arrêter les violences et de continuer à discuter avec l’autre partie pour trouver un accord.
Plus tard, dans la rue. Un Soudanais rencontré affirme que ce sont des Nigérians et des Tchadiens qui veulent la bagarre, mais surtout pas les Soudanais. Quatre autres Soudanais rencontrés un peu plus loin. Trois d’entre eux, à peine vingt ans, disent en plaisantant qu’ils contrôlent que personne ne veut se battre. Ils affirment qu’ils ne veulent pas se battre, qu’ils sont là pour passer en Angleterre et qu’ils n’ont pas de temps à perdre avec ça. Le quatrième s’étend plus sur l’absurdité des bagarres. Impossible d’être sûr qu’ils n’ont pas participé aux bagarres de ces deux dernières nuits, mais après tout seule une minorité, minorité importante certes mais minorité, s’y est impliquée. Et eux manifestent le désir de tourner la page.
Aujourd’hui mercredi, campement de Tioxide, discussion avec des Érythréens. Tous veulent l’arrêt des violences, mais certains attendent des excuses des "Soudanais". Ils leur reprochent notamment d’avoir battu des femmes et des enfants. "Soudanais" signifie ceux du camp d’en face, puisque des Soudanais habitent ici, et qu’il n’y a aucun souci avec eux.
Distribution des repas. Forte présence policière, un peu moins agressive que la veille, mois de médias aussi. Ambiance aussi plus détendue, il n’y a pas eu de heurts pendant la nuit.
Après le repas, un cercle se forme, les discussions reprennent. Quelques interventions fortes marquent marquent l’auditoire. Pour consacrer l’accord, deux personnes se prennent par la main, et la joie explose. Un peu alentour, des personnes s’apostrophent pour se dire la fraternité retrouvée.  Casque et bouclier, les CRS s’enfoncent dans le ridicule de leur inutilité.
Les exilés ont donc réglé le problème de violence surgie entre eux. Des violences ont déjà surgie dans le passé, d’autres apparaitrons dans le futur. Mais à un moment la discussion se fait et permet de dépasser la situation.
La violence de la société française à leur égard, comme à l’encontre d’autres populations, est continue et ne semble pas en voie de résolution. Elle semble devenue structurelle de notre société, et l’exercice de déshumanisation par médias instrumentalisés auquel nous avons assisté hier mardi participe de sa pérennisation.

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Source : https://passeursdhospitalites.wordpress.com

dinsdag 17 juni 2014

FRANCE : EXILÉS DE CALAIS : LA SUITE

Pentax Digital Camera

Beaucoup d’énergie a été mise ces dernières journées à atténuer les tensions entre communautés. Imaginez que vous étiez il y a un mois en Libye, vous avez traversé la Méditerranée, vous avez été enfermé une quinzaine de jours dans un centre d’identification et d’accueil en Italie, vous êtes remonté vers le nord, vous arrivez à Calais, le lieu où dormir est un terrain bitumé avec des auvents et entouré de grilles, ça ressemble à un camp, où il n’y aurait pas assez de tentes, pas assez de couvertures, et un seul repas par jour. Comment faire comprendre à chacune de ces personnes qu’il s’agit d’un espace de lutte occupé dans un contexte d’expulsion pour obtenir des conditions meilleures ?
De la même façon, ces personnes qui viennent directement de Libye sont confrontées pour accéder aux lieux de passage au racket d’une partie de ceux qu’on appelle les passeurs, mais aussi débarquent par groupes de vingt ou quarante sur les parkings, perturbant les plans plus organisés et plus discrets des autres.
Toutes ces tensions se retrouvent au lieu de distribution des repas, et ont rendu difficile la poursuite des discussions sur la suite du mouvement d’occupation et de grève de la faim.
Une réunion a enfin eu lieu ce soir lundi pour envisager la suite.
Mercredi 18 juin, le préfet invite les associations à 10h30 et les médias à 12h à entendre les décisions prises par l’État concernant la situation des exilés dans le Nord – Pas-de-Calais. Ceci a lieu à Arras, pour s’éloigner du contexte calaisien, éviter une éventuelle manifestation, diluer les questions posées à Calais, jouer le cas échéant les associations extérieures à Calais auxquelles l’État donnerait des gages, contre les associations et les exilés calaisiens.
Les associations ne se laisseront pas diviser, et sont prêtes à favoriser la participation de portes-paroles des exilés à la réunion en préfecture.
Les exilés, de leur côté, hésitent à venir en préfecture, craignant que le leurs représentants soient arrêtés, mais remettront probablement aux associations un message adressé au préfet. Et ils invitent les médias à venir les rencontrer à 15h au lieu de distribution des repas pour connaitre leurs réactions face aux décisions de l’État. Cette rencontre sera suivie soit d’une fête, soit d’une manifestation.
 Bron : https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/16/exiles-de-calais-la-suite/

zaterdag 14 juni 2014

FRANCE : CALAIS : CAMP QUI LUTTE ET CAMP QUI VIT

Pentax Digital Camera

La préfecture a communiqué à la presse hier en fin de journée qu’elle invitait les associations à une réunion concernant la situation des exilés le 18 juin. Les associations n’ont pas encore reçu l’invitation et l’ont appris par le journal. Une manière un peu cavalière de communiquer, souhaitons qu’il y ait derrière une volonté réelle de reprendre le dialogue. Pas un mot par contre de la demande des exilés de reprendre les discussions avec cette même préfecture.
Les associations se sont du coup rencontrées cet après-midi, avant de rencontrer les exilés au lieu de distribution des repas. Les discussions continueront demain, pour laisser le temps aux différentes communautés de délibérer, avec pour thème l’attitude à avoir vis-à-vis de la préfecture et des actions pour la journée mondiale des réfugiés le 20 juin.
Les Soudanais ont également discuté de rejoindre la grève de la faim, mais n’ont pas encore pris leur décision.
Ce matin, un jeune Érythréen revient le menton ensanglanté d’une tentative de passage. Les policiers qui l’ont pris l’ont frappé. Sept Égyptiens sont également rentrés pendant la nuit après avoir été tabassés par la police. Selon les témoignages recueillis ces derniers jours, les policiers impliqués dans les violences, qu’ils soient agent de la police aux frontières ou CRS, ne portent pas de numéro de matricule, ce qui rend difficile leur identification. Ces brutalités répétées sont trop fréquentes pour ne pas correspondre à des instructions de la hiérarchie.
Deux femmes et un enfant de trois ou quatre ans arrivent en début de soirée. Elles peuvent théoriquement aller à la maison du boulevard Victor Hugo, ancien squat ouvert par No Border et dont la gestion a été reprise par l’association d’insertion Solid’R. Mais il s’agit d’une maison qui serait normalement habitée par une famille avec deux enfants. Quand la décision de la reprise par Solid’R a été prise, elle accueillait 35 femmes et enfants. Aujourd’hui, elle en accueille plus de 60. L’État ne donne aucune visibilité sur la pérennité de cette structure d’accueil précaire au-delà du 30 juin, sachant qu’un changement de lieu est devenu absolument nécessaire.
L’après-midi a été chaude sur l’asphalte du lieu de distribution des repas. Le lieu revit le soir. Des parties de foot s’improvisent. Une projection se prépare à la nuit tombée.

Bron : No Border / Calais /Publié par  in Non classé
https://passeursdhospitalites.wordpress.com/