Il y a de la misère partout en France. Mais celle des exilés à Calais a valeur de symbole par l’intensité des violences exercées à ciel ouvert, sa concentration dans l’espace, sa longévité dans le temps, la manière évidente dont elle fabriquée et entretenue par les autorités, les politiques. Un point de concentration de violences répandues dans la société française. Un point où les mobilisations peuvent se concentrer, sans exclure la mobilisation ailleurs.
" Février 1954 – Juillet 2014
MES AMIS… AU SECOURS !
NOUS AVONS BESOIN DE VOUS
Chaque jour, des centaines d’hommes, femmes et enfants
errent dans les rues de CALAIS.
Pourchassés, traqués et agressés par la police,
Victimes de l’infernale et inhumaine logique politique et économique,
Ils sont un millier à être perdus
Sans toit ni pain
Ils ont quitté la guerre
Aujourd’hui, EN FRANCE, ils perdent leur humanité,
Si nous n’intervenons pas, nous risquons, nous aussi de perdre notre humanité
Peut être avez vous en stock de quoi les aider ?
Nous manquons de tout
Peut être avez vous un camion qui attend de démarrer ?
Venez partager
Peut être avez vous envie de partager un moment avec nos frères, « compagnons du monde » !
Alors : compagnons, amis, salariés
En route…
TOUS A CALAIS
SOYEZ FOUS
Embarquez vous
Nous vous attendons
Nous pouvons vous accueillir
Et comme l’Abbé, il y a 60 ans, faisons naître, partout où c’est nécessaire, à Calais, et ailleurs, des CENTRES FRATERNELS DE
DEPANNAGE , et accrochons à leur entrée une pancarte avec ces simples mots :
« TOI QUI SOUFFRES, QUI QUE TU SOIS,
ENTRE, DORS, MANGE, REPREND ESPOIR, ICI ON T’AIME »
Chacun de nous peut venir en aide aux "sans abri",
migrants d’aujourd’hui, migrants de demain.
Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain :
• 5 000 couvertures,
• 300 grandes tentes américaines,
• 200 poêles catalytiques…
(liste ci-dessous)
Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera
dans les jardins et sur les quais de Calais.
MERCI !
"Tant qu’il existera la misère, aussi longtemps que régnera l’exclusion, nous ne connaîtrons ni la paix de l’âme, ni la paix, ni la joie du cœur !"
[L'abbé Pierre]
MERCI
Emmaus Dunkerque
06 08 61 62 95
BESOINS :
De quoi survivre et dormir dehors :
Tentes / Bâches / Matelas / Duvets / Couvertures, chaussures
De quoi bricoler un semblant de chez-soi :
Cordes / Palettes / Bois / Des éléments pour délimiter des espaces (planches légères, etc…) et des Tables / Chaises / Tapis / Parasols.
De quoi se préparer à manger :
Matériel de cuisine (Grandes marmites / grands réchauds / Gamelles / Bouteilles de gaz / Vaisselle, produits vaisselle, balais, sacs poubelles / éponges / balais
De quoi manger :
Thé – café – sucre – sel – épices
De quoi se laver :
Savons – serviettes éponges
De quoi tenter d’avoir l’électricité ou s’éclairer :
Câbles électriques / Ampoules, etc…
Bougies
De quoi se déplacer :
Vélos / Roues de vélos / Bouts de vélos / Outils
De quoi se changer les idées :
Livres / Jeux de cartes / Jeux de société / Ballon / Batte de cricket / Peinture ou bombes de peinture (pour refaire la déco’)
Besoins de musiciens
De quoi y croire :
VOUS
TOUT DE SUITE "

Madame, Messieurs,
Élu-e-s au conseil municipal de Calais, au conseil général du Pas-de-Calais, au conseil régional du Nord – Pas-de-Calais, à l’assemblée nationale, vous avez pris position publiquement pour une issue positive et humaine à l’impasse dans laquelle se trouve la situation des exilés à Calais.
Il est temps de passer aux actes.
Deux décisions d’expulsion sont prises, et peuvent être exécutées dans les jours qui viennent.
L’une concerne les campements qui se sont installés suite aux expulsions des 28 mai et 2 juillet sur les terrains de l’usine Tioxide, à deux pas de la "Jungle de Calais" détruite en 2009. Trois cents personnes habitent là selon la préfecture, probablement plus selon ce qu’on peut observer sur le terrain. Des mineur-e-s, des enfants de moins de six ans, des femmes, certaines enceintes, des hommes. Rien que de très ordinaire au regard de la violence en oeuvre à Calais depuis douze ans.
L’autre concerne le site anciennement occupé par les entreprises Vandamme et Galloo, impasse des Salines. Une grosse centaine de personnes y habite, quelques centaines le fréquentent pour accéder à l’eau, se laver, accéder à un repas, se reposer. Bien plus, ce n’est pas une "jungle", c’est un espace social complexe co-construit par des exilé-e-s, des militant-e-s, des Calaisien-e-s engagé-e-s ou non.
La question pratique qui se pose, là, à très court terme, est : où vont aller ces gens ?
Il vous est peut-être possible de convaincre le préfet de laisser un peu de temps, de ne pas accorder le concours de la force publique avant qu’une solution soit trouvée pour le relogement des personnes.
Mais la question la première est celle d’où aller.
Donc un lieu, et un accord rapide pour que les exilés puissent s’y installer. Donc un propriétaire qui soit d’accord. En terme de collectivité publique, on pense d’abord à Calais au conseil régional. Mais il faut sans doute aussi explorer – rapidement, et en évitant de s’enfermer dans le ping-pong sans fin où chacun renvoie la responsabilité à l’autre et où rien ne se passe – d’autres possibilités, y compris une réquisition par le préfet – voie aléatoire puisque sur un sujet sensible médiatiquement elle suppose l’aval de Paris.
Donc un lieu. Tout un chacun peut planter sa tente sur un terrain avec l’accord du propriétaire, pour trois mois au maximum. Il n’y a donc pas de délit pouvant servir de prétexte à une intervention de la police. Avec l’accord du propriétaire, il est possible d’aménager les commodités nécessaires à une vie à-peu-près digne. Il faut que ce lieu soit accessible pour les associations, les Calaisien-e-s impliqué-e-s puissent s’y investir, faciliter l’information et l’accès aux droits, faire reculer une autre source de violence liée au racket et au passage.
Solution précaire, insatisfaisante, bricolage dans l’urgence, certes. Mais inversion de tendance. On ne jette pas à la rue dans la violence, on réinstalle dans un lieu où les personnes peuvent rester en sécurité, pour se donner le temps de mettre en place des solutions durables.
Ça vous pouvez le faire.
Merci.
Bron : https://passeursdhospitalites.wordpress.com/